Dialogue avec d’autres Eglises

Bien souvent on entend des voix s'élever contre des rencontres et des rapprochements avec d'autres églises...

Bien souvent on entend des voix s’élever contre “l’oecuménisme” et tout rapprochement d’une église avec d’autres.

Les raisons invoquées sont assez simples :

  • Craintes légitimes d’une perte d’identité provenant d’une relativisation des “vérités” pour lesquelles les pionniers se sont battus. -Craintes de voir de petites communautés se faire “manger” par de plus grandes, par effet boule de neige des membres migrant vers une église ayant plus de membres, plutôt qu’à rester dans une église à la doctrine éprouvée depuis parfois des siècles... mais grande comme un mouchoir de poche.
  • Craintes encore d’un effet de lissage des croyances , chose très actuelle, menant à une acceptation du “tout se tient du moment qu’on y croit” ou “du moment qu’on est sincère... Dieu verra bien...”.

Ces réflexions sont d’autant plus vraies que les membres d’églises peuvent être plus enclin à “ne pas se casser la tête pour défendre leur foi” et ainsi user de facilité en soulevant les épaules et se dire : au moins ici on se retrouve entre personnes sympas et somme toute, chrétiennes.

Ces soucis sont légitimes, mais n’y a-t-il que du négatif ?  Dans les “Signes des Temps” d’octobre 1877 on pouvait lire :

Nous désirons que la vérité ait un libre cours et que nous ayons le privilège de présenter nos vues avec un esprit amical devant tous, laissant à chacun le droit de juger pour soi-même quant à leur validité. Quel danger peut-il y avoir à examiner ainsi la Parole de Dieu ? Pourquoi ne pas venir ensemble comme frères, la Bible à la main, comparant nos vues avec les enseignements de la Parole de Dieu, et priant Dieu de nous conduire en toute vérité?

Cette réflexion des pionniers adventistes nous montrent un autre état d’esprit. Mais, de où provient-il ?

  • Déjà, des gens eux-mêmes, qui, provenant d’églises de confessions diverses (méthodistes, baptistes, etc...) s’étaient rejoint sur une idée centrale “Jésus revient, comment doit-on être pour son retour” ; soit un dynamisme orienté.
  • Une ouverture d’esprit de ces gens aux confessions et doctrines diverses, qui s’étant rejoint, n’ont pas regardé leur différences d’origine comme à retenir farouchement, mais plutôt à re-étudier pour batir une doctrine plus en communion avec l’esprit et la lettre de la Bible.

D’ailleurs, les adventistes comme d’autres églises doivent se souvenir de leur héritage pluriel : concept de la sanctification venant des “méthodistes” ; concept du baptême des adultes des “baptistes” ; concept de l’observation des dix commandements, des “baptistes du septième jour” ; concept du “réveil et réforme”, provenant des grands réformateurs et prédicateurs du 19ème siècle ; concept de la réforme sanitaire largement en ligne des réflexions con-temporaines de la fin du 19ème siècle : hygiène, nutrition, activités physique etc...

On pourrait y ajouter toutes les qualités et pratiques chrétiennes communes aux différentes dénominations : Par exemple, les “évan-géliques darbystes” n’ont pendant longtemps pas accepté l’usage de la télévision, ont proné les cheveux long –en chignon– et la jupe pour les femmes, etc... Certains ont même été jusqu’à séparer les hommes et les femmes pendant les offices religieux.

Ainsi, tout dépend comment est compris le terme de “rapprochement” et de l’état “dynamique ou en “sommeil” de l’église en question. Bien des réactions relèvent plus du “protectionisme” religieux que d’un clair “il est écrit” qui étayerait un raison-nement, une doctrine.

Cet esprit n’avait pas court chez les pionniers : ils ont pris ce qui leur semblait bon d’une église ou une autre, sans se dire, moi, d’origine X ou Y, je tiens à ma pratique, ma com-préhension. De plus, ils étaient ouvert au conseil venant de toute origine. Savez-vous qu’E.G.White elle-même n’a vraiment arrêté de manger de la viande que  suite à une conversation avec une none catholique végéta-rienne?

Aussi, si l’on veut substituer sa propre réflexion et recherche à celle des autres, il n’y a qu’à se lamenter de sa faiblesse spirituelle et de l’envie de se reposer sur la réflexion d’autrui.Voulons-nous avancer seuls par crainte des autres ? Voulons-nous pro-gresser dans les lumières spirituelles ou pensons-nous avoir atteint le sum-mum de la compré-hension ? “Je suis riche, je n’ai besoin de rien”. Som-mes-nous plus “catholi-ques” que les catholiques eux-mêmes ? A savoir  de leur reprocher leur manque d’ouverture, de sens logique ou pratique ? Allons de l’avant avec sagesse, dans un esprit d’ouverture et de respect ? Etudions nous-même la Bible, et si nous arrivons à la même compréhension que d’autres dénominations “gloire à Dieu” et si d’autres arrivent aux notres “gloire à Dieu”.

La vérité n’a pas de frontière, mais est accessible à tous ceux qui la cherchent, indépendam-ment de l’appartenance religieuse, raciale ou géographique.

Matthieu Dutour, 06. 04. 2008

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